Génération Body Horror – Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron

Le fantastique et l’horreur reviennent sur les étals des librairies depuis plusieurs années. Il y a plusieurs registres dans le genre horrifique et le Body horror est revenu sous les projecteurs avec notamment des films comme The substance de Coralie Fargeat. Les éditions Actusf ont eu la riche idée de proposer un essai sur le sujet, Génération Body Horror écrit à 4 mains par Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Une petite présentation des autrices s’imposent. Morgane Caussarieu est une écrivaine spécialisée dans le genre de l’horreur et notamment dans la revisite des grands mythes de l’imaginaire. Elle a déjà publié un essai sur les vampires (Vampires & Bayous). Fleur Hopkins-Loféron a plusieurs cordes à son arc, elle a été modératrice au festival des Imaginales, est historienne des arts et chercheuse indépendante. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur la pop culture, et sur le mouvement merveilleux-scientifique.

Cet essai a été écrit en voulant montrer la place qu’occupe l’horreur et le body horror dans notre culture. Le livre donne également la voix à de nombreux artistes qui parlent du genre, il aborde les livres, le cinéma et donne de nombreux conseils de livres à lire ou films à visionner. Les deux autrices ont une culture très impressionnante concernant le sujet, leur passion transparaît au travers de cet ouvrage. En caractérisant le genre, elles montrent à quel point il est pluriel et présent dans la culture. Les différentes facettes (et elles sont nombreuses) du body horror sont abordées. On parle de distorsion, d’hybridation animale, de reconfiguration des corps, de dégradation corporelle. Tout cela en expliquant le contexte, puis la portée historique et sociétale des œuvres citées.

Le body horror est présent depuis très longtemps dans la littérature. Dans le cinéma, il a connu son âge d’or dans les années 80 avec des films comme The Thing, Alien ou encore La Mouche. Il est revenu sur le devant de la scène récemment avec Grave de Julia Ducournau et The substance de Coralie Fargeat. A travers les nombreuses œuvres abordées, les autrices montrent que le genre explore la souffrance humaine, les injonctions faites par la société tout en n’oubliant pas que nos corps se modifient tout au long de nos vies. Le body horror a ainsi un aspect cathartique en faisant prendre conscience de notre mortalité, en nous exposant nos angoisses. Les références du genre sont très nombreuses et parfois il faut avoir le cœur bien accroché pour lire certains passages. Certaines œuvres sont un peu trop présentes ou trop citées. D’autres donnent des idées de lectures ou visionnages alors que d’autres absolument pas.

Génération Body Horror est ainsi un essai extrêmement documenté, où la passion des 2 autrices pour le sujet transparaît dès le début. Les références dans de nombreuses branches de la culture sont nombreuses et décrites de manière pertinente. C’est un essai très bien écrit avec des passages à la limite du soutenable par moments mais qui démontre l’importance de ce genre dans notre société et nos cultures.


Autres avis: Tachan,Symphonie, FMK,

Maison d’éditions: Actusf

Autrices: Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron

Parution: 19 février 2026

Julia Ducournau et Coralie Fargeat ont électrisé la critique et remis au goût du jour le genre du body horror, longtemps fief masculin considéré comme outrancier, à travers des œuvres-cultes comme La Mouche de David Cronenberg et Society de Brian Yuzna.

C’est parce que l’horreur corporelle possède une histoire bien plus riche que ces seuls noms illustres, en littérature comme au cinéma, que le projet d’écrire Génération Body Horror s’est imposé aux passionnées d’horreur Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Leur projet à quatre mains porte une ambition assumée : explorer l’histoire de l’horreur viscérale dans ses moindres recoins, du XIXe siècle à nos jours, exhumant au passage des pépites méconnues, mais aussi interroger combien cette grammaire du corps se donne à voir, ces dernières années, comme un territoire privilégié pour penser la marginalité et laisser exploser sa rage.

2 commentaires

  1. C’est un sous-genre avec lequel j’ai vraiment beaucoup de mal, je vais donc passer mon tour pour cette fois même si les questions sociétales que soulève ce type de récit me paraissent cruciales.

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