
Le Belial’ a lancé une nouvelle collection en ce début d’année 2026: Archive du Futur. Son but est de proposer des textes méconnus ou plus disponibles, pour constituer une bibliothèque de base idéale de la Science-fiction. Cela rappelle le démarrage de la collection présence du futur pour ceux qui ont connu, avec des premiers tomes emblématiques des genres SFFF avant de proposer de nouveaux textes d’auteurs variés. Les deux premiers opus de cette collection sont L’espace de la révélation de Alastair Reynolds, et donc Le Désert du Monde de Jean-Pierre Andrevon dont on va parler ici. Ce livre avait été initialement publié en 1977.
Après un court prologue qui risque de gâcher la surprise du lecteur sur le pitch principal, on se découvre dans le premier chapitre dans la peau d’un personnage qui ne se souvient pas de grand chose : il ne connaît ni son nom, ni où il est, ni à quelle période il est, et se réveille dans une maison dans laquelle gisent plusieurs cadavres, visiblement une famille, dont les membres sont morts, nus, dans différentes pièces. Journée de découverte pour notre amnésique, de cauchemar, et de plein d’interrogations dans ce qui semble être un village campagnard où la seule présence humaine est constituée par des cadavres jonchant les différents lieux et magasins. Le lendemain, nouvelle journée de questionnement, mais les cadavres ont été remplacés par de la poussière, et des éléments intriguent l’homme : quelle est cette brume qui entoure le village ? Pourquoi il y a toujours autant de denrées dans les magasins ? Pourquoi la nourriture ne se dégrade pas ?
Le livre suit donc les découvertes de cet homme dans le village, on connaît ses actes, ses questionnements. Mais les choses évoluent, avec l’arrivée d’un compagnon chien, puis après 8 jours celle d’une femme, à chaque fois de manière totalement arbitraire, et les choses vont s’accélérer autant dans les découvertes que dans les initiatives…
Il est clair que le thème et la mise en place font déjà vu en 2026, mais il faut se replacer en 1977 pour constater le caractère très original du récit. Le personnage amnésique est un classique, cela fonctionne toujours bien d’apprendre avec lui au fur et à mesure du développement du récit, pourtant ici cela aurait pu mieux fonctionner s’il n’y avait pas eu ce fameux prologue, qui résonne plus facilement en 2026 qu’en 1977 : ici on sait dès le début de quoi il devrait s’agir, même si on prend plaisir à démêler les ressorts du récit. Il y aura quand même quelques petites surprises et le final vaut le coup
Les personnages sont le point central de ce livre, on se met facilement à leur place, et on découvre leur humanité qui évolue pendant le récit, au départ enveloppe animale ignorante et manquant d’émotion, jusqu’à leur stade au dénouement du récit qui semble tellement évident. On s’attache très vite à ces deux êtres, Adam et Eve après l’apocalypse plutôt qu’au commencement de toute chose.
Tout au long du livre, on ne peut que constater le nombre de situations ou idées qui ont déjà été vues en film, série, ou roman qui se rapprochent des idées de ce livre : The Truman Show, Le labyrinthe, Loft Story (oui oui j’ose), Matrix, et plein de séries actuelles… Et ça, ça redonne une sacrée fraîcheur à ce livre assez fondateur.
On passe donc un très bon moment à découvrir ou redécouvrir cet opus vieux de 49 ans (age vénérable pour de la littérature d’anticipation encore aussi actuel), qui nous fait redécouvrir un récit d’amnésique ou de personnage découvrant son monde comme au premier jour, avec tout son lot d’étrangeté. Un bon démarrage pour cette nouvelle collection ! Par contre, il ne faut pas lire le prologue si on veut garder un peu de surprise…
Autres avis: Apophis, Soleil Vert, Tachan,
Auteur: Jean-Pierre Andrevon
Maison d’éditions: Le Bélial’ collection Archive du futur
Parution: 26 mars 2026
Il se réveille.
Dans une pièce qu’il ne reconnaît pas.
Sous des combles à la toiture éventrée, sa jambe blessée par une poutre.
Pas un bruit.
Où est-il ? Et surtout, qui est-il ?
Car très vite, l’homme réalise qu’il n’a plus aucun souvenir.
Pas de passé, pas de mémoire .
Il quitte la chambre, et dans l’escalier qui le mène au rez-de-chaussée de cette maison dont il ignore tout… tombe sur son premier cadavre . Il y en aura beaucoup d’autres.
Partout, dans ce village muet où il erre bientôt.
Pourquoi ?
Commence alors une double quête cruciale : celle de son identité et les raisons de ce désert du monde…
[…] Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle de Soleil Vert, celle de Tachan, de Lhotseshar, […]
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« Par contre, il ne faut pas lire le prologue » : ça fait souffler fort ça ; il a un intérêt au-delà de ce divulgachage ?
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