La mer se rêve en ciel – John Hornor Jacobs

La collection Styx des éditions Fleuve a démarré en octobre 2025 avec la parution de deux romans : Vers-ma-fin de Sophie White et La mer se rêve en ciel de John Hornor Jacobs. Cette collection dédiée à l’horreur et au fantastique est dirigée par Laurent Queyssi, auteur et traducteur. Un troisième titre a été publié en février Les Derniers jours de Maple Street de Sarah Langan. En avril suivra Massacre au camp de vacances de Joey Comeau puis Eutopie de David Nickle en juin.

Mais pour le moment, parlons de La mer se rêve en ciel. L’histoire débute en Espagne à Malaga à la fin du XXe siècle. Isabel a trouvé refuge dans ce pays après avoir fui la dictature militaire qui s’est installée dans son pays natal, le Magera (un pays imaginaire proche de l’Argentine, mais évoquant les dictatures d’Amérique du Sud). Elle travaille comme professeure dans une université de la ville. Sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec Rafael Avendaño, surnommé l’Œil, un poète qui a fui tout comme elle le Magera.

Beaucoup d’éléments ancrent l‘histoire dans un univers connu. Le monde ressemble au notre, une dictature militaire sanguinaire et toute puissante et capable de monstruosités et d’actes abjects pour arriver à ses fins, des hommes en noir rappelant des espions américains. Le témoignage sur ce qu’a vécu Rafael montre les horreurs dont sont capables les hommes pour le pouvoir. L’auteur installe peu à peu une ambiance pesante, angoissante.

L’horreur est bien présente dans le récit mais elle est en arrière-plan, elle imprègne l’histoire. Dans la quatrième de couverture, le roman est comparé aux textes de Lovecraft mais il ne faut pas s’attendre à y trouver des tentacules ou autres monstres lovecraftiens. L’horreur a une dimension plus humaine, plus suggestive. Elle est impalpable, et certaines scènes décrites sont difficiles à lire et particulièrement marquantes. John Hornor Jacobs a réussi à créer une ambiance lourde, angoissante en faisant ressortir la tension qui plane sur le récit. Il utilise un récit enchâssé où Isabel prend connaissance du passé de Rafael Avendaño, de ce qu’il a vécu dans son pays natal, de ce qui l’a amené à être surnommé l’œil, des tortures qu’il a subies et d’étranges photos liées à des rituels étranges. Cependant, le roman est court, certainement un peu trop, la fin étant trop rapide et donc difficile à cerner.

La mer se rêve en ciel est ainsi un roman bien écrit, avec des personnages bien construits. L’auteur installe une ambiance pesante et l’horreur est subtile. Mais la comparaison avec Lovecraft telle qu’elle est présentée n’est pas vraiment pertinente.

Autres avis: Le nocher des livres,

Auteur:John Hornor Jacobs

Maison d’éditions: Fleuve Éditions

Traduction: Maxime Le Dain

Parution:02/10/2025

Dans un récit labyrinthique à la Lovecraft, John Hornor Jacobs distord peu à peu la réalité pour laisser place à une horreur indicible.
Après avoir fui la violente dictature qui a décimé sa famille, Isabel s’est exilée en Espagne. Un soir, elle fait la rencontre d’un poète dissident, Rafael Avendaño, surnommé l’Œil. Cet énigmatique intellectuel vient du même pays qu’elle, le Magera, et porte dans sa chair les stigmates des tortures subies aux mains de la répression politique.
Un traumatisme qui ne l’empêche pas, lorsqu’il reçoit une mystérieuse lettre, de repartir brusquement au Magera, sans plus donner de nouvelles. Ayant hérité des clés de son appartement, Isabel y découvre d’étranges textes, parmi lesquels le récit détaillé de la capture de l’Œil pendant la révolution. En plongeant dans ces pages obscures et écœurantes, elle est entraînée dans une spirale d’événements surnaturels et oppressants qui la poussent à retourner dans sa contrée d’origine.
Son pays est perdu et son seul ami l’est aussi, désormais. Que doit-elle abandonner pour les retrouver ? Car il ne lui reste qu’elle-même à sacrifier.

3 commentaires

Laisser un commentaire