L’énigme de l’univers – Greg Egan

Les éditions Le Bélial’ poursuivent la réédition des premiers romans de Greg Egan, commencée avec La Cité des Permutants et Isolation. Ainsi, L’Énigme de l’Univers publié en 1995 vient de ressortir dans une toute nouvelle édition avec une superbe illustration de couverture signée Aurélien Police.

Pour commencer cette chronique, je parlerai surtout de ce qui m’a profondément marquée dans ce roman, à savoir son univers d’une richesse incroyable. Le livre date de 1995, et pourtant Greg Egan y aborde des thématiques peu présentes à cette époque et plus communes actuellement. La société de 2055 qu’il décrit l’est selon de nombreux points: scientifiques, techniques, sociaux, selon les notions de genre…Elle est décrite au travers du protagoniste principal, un journaliste scientifique qui s’est intéressé à de nombreux domaines par le passé. Tout y est cohérent, on arrive facilement à se l’imaginer. Du côté des progrès scientifiques, les cerveaux humains peuvent être dopés par des logiciels, des caméras sont intégrées au corps humain et il est possible de ramener les morts à la vie quelques instants le temps de les interroger sur leur décès par exemple. Une nouvelle maladie mentale vient de faire son apparition, le D-stress. De nouveaux genres sont apparus faisant évoluer la société, Greg Egan prend son temps pour parler de chacun, expliquer comment cela a évolué. C’est moderne, bluffant et tout à fait crédible.

Voilà en quelques mots l’univers où se déroule l’histoire. On suit Andrew Worth, le narrateur et journaliste scientifique qui postule pour couvrir un colloque de physiciens sur Anarchia, une île artificielle au milieu du Pacifique qui fonctionne comme une utopie scientifique autogérée et indépendante. Violet Mosala, 27 ans, plus jeune lauréate du prix Nobel de physique, participe à cette conférence et doit y annoncer ses découvertes notamment dans le domaine de la Théorie du Tout, censée décrire et expliquer l’Univers à l’aide d’outils mathématiques. Andrew Worth doit faire un reportage sur elle et se rend ainsi sur Anarchia.

L’histoire est difficile à résumer tant l’intrigue est d’une grande complexité et riche en considérations philosophiques et métaphysiques. Les implications sont vertigineuses, il faut parfois s’accrocher pour comprendre ce qui se passe et relire plusieurs fois certains passages pour essayer de les comprendre. Mais malgré cela, on se prend au jeu en partie pour le personnage principal, anti-héros pris dans une histoire qui le dépasse et en partie aussi pour les nombreuses imbrications du récit entre les techno-sectes millénaristes, les théories sur l’univers, les manœuvres médiatiques et la société décrite.

L’Énigme de l’Univers est ainsi un roman ardu à suivre par moments dans ses développements scientifiques, mais il est aussi d’une richesse incroyable à tous les niveaux, décrivant une société futuriste tout à fait crédible. C’est un roman foisonnant où Greg Egan s’approprie de nombreuses thématiques, comme la philosophie, la sociologie ou la physique quantique pour offrir un récit vertigineux.

Autres avis: Les blablas de Tachan,

Auteur: Greg Egan

Traduction: Bernard Sigaud

Éditions: Le Bélial’

Parution:17 avril 2025

Année 2055.
Utopie autogérée et indépendante au cœur du Pacifique, l’île artificielle d’Anarchia se prépare à accueillir un colloque rassemblant la crème des physiciens du monde entier à l’occasion du centenaire de la disparition d’Albert Einstein. L’ambition est claire : exposer les Théories du Tout les plus abouties — ce graal de la physique censé réconcilier relativité générale et mécanique quantique . Or, en ce XXIe siècle, nombreux sont les obscurantismes à tenir pour impie toute découverte impliquant les mystères de la Création… Ainsi, le plus secret de ces Cultes de l’ignorance prend pour cible la physicienne prodige Violet Mosala — nobélisée à 27 ans. Andrew Worth, journaliste scientifique présent sur les lieux pour couvrir l’événement, va se retrouver propulsé au cœur d’un jeu d’intrigues aux implications proprement cosmologiques…

7 commentaires

  1. Ma prochaine lecture après Dissonance et autant celui-ci se lit tout seul, autour je sens que je vais devoir m’accrocher ici, mais grâce à toi, je sais que le jeu en vaut la chandelle ! (comme toujours avec l’auteur 😉 )

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