Celle qui a tous les dons de M.R.Carey

Je continue à exhumer les vieilleries qui se trouvent dans ma PAL et plus particulièrement dans ma liseuse. Ce roman est depuis longtemps dans ma liseuse, à tel point que je ne sais même plus comment je l’avais eu. Il me semble lors d’une opération spéciale lors de la période covid. Celle qui a tous les dons est un roman de M.R.Carey écrit en 2014. Il a été adapté en film en 2016 avec l’auteur en tant que scénariste. En 2018, M.R.Carey est revenu dans cet univers avec un préquel au roman intitulé La part du monstre.

Ophiocordyceps fait partie des champignons entomopathogènes c’est-à-dire des parasites d’insectes ou d’autres arthropodes entraînant leur mort. Puis un beau jour, il s’est dit pourquoi pas s’attaquer à quelque chose de plus gros et plus dodu, et s’est donc attaqué aux humains. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, il procède de la même manière, dévorant peu à peu son hôte et en en prenant son contrôle. Les humains contaminés sont devenus des zombis appelés les affams. L’apocalypse est arrivée, appelée la rupture. Quelques années plus tard, de rares humains tentent de survivre en se regroupant dans des sortes de camps militaires. C’est là que l’histoire débute dans un camp un peu particulier. Des enfants se trouvent dans celui-ci et vont même à l’école. Certes, ils y vont attachés à des fauteuils roulants bien séparés les uns des autres et dorment en cellule. Au moins, ils se tiennent tranquilles et écoutent bien les cours de leurs différents professeurs. Ils semblent aussi avoir un drôle d’appétit, et ne seraient pas contre un petit snack à base de viande humaine. Parmi ces élèves figurent Mélanie, 10 ans environ, très futée et en admiration devant Mlle Justineau, une des enseignantes. Bien entendu, un événement inattendu va semer la pagaille, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Et voilà Mlle Justineau accompagnée de Mélanie, du sergent Parks, d’un second militaire et de la scientifique Caldwell en cavale sur les routes de l’ancienne Angleterre pour tenter de sauver leur peau et de retrouver un endroit sécurisé.

Le cadre général fait pas mal penser à celui de la série The last of us, sauf pour les enfants. Mais on y retrouve les mêmes explications à l’apocalypse zombie et l’histoire prend place plusieurs années après, avec des personnages ayant connu le monde d’avant, alors que d’autres non. Le début est intriguant sous forme de huis-clos. On se demande qui sont véritablement les enfants, on apprend des éléments sur le monde. Puis, après l’élément déclencheur, l’intrigue devient assez linéaire et prend des airs de déjà-vu, avec un simple récit classique de fuite dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies. On s’attend à de mauvaises rencontres, cela devient plus lent et perd un peu de son intérêt premier, sans être non plus inintéressant. On n’échappe pas ainsi aux scènes classiques et aux poncifs du genre zombie, ce qui est dommage.

L’univers se révèle solide, intéressant et basé sur des recherches un peu scientifiques. La plume de l’auteur est entraînante et on se laisse prendre par le récit qui a des airs de page turner explosif. Malgré la thématique, l’histoire ne vire jamais au le gore ni à l’action à outrance. Par contre, du côté des personnages, il est dommage qu’ils soient trop caricaturaux. On a le militaire borné mais au bon fond, le jeune militaire un peu bête, la scientifique archétype du savant fou et obsédée, l’enseignante seule à faire preuve d’empathie. Heureusement, il y a Mélanie personnage plus travaillée que les autres qui va se révéler attachante et émouvante.

Celle qui a tous les dons est un roman efficace mais un peu trop linéaire et classique. La fin vient changer la donne et se révèle surprenante. Les personnages principaux sont un peu trop archétypaux mais celui de la petite fille porteuse du titre remonte le niveau. Un bon moment de lecture taillé pour être adapté au cinéma.

Autres avis: Dup,

Auteur: Mike Carey

Éditions: Livre de poche

Parution:24/10/2014

La rencontre entre les univers de Kazuo Ishiguro et The Walking Dead.
Tous les dons ne sont pas une bénédiction
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…

7 commentaires

  1. De toute évidence, l’adaptation est fidèle au livre car la chronique que j’avais écrit sur le film fait parfaitement écho à ton avis ! ^^

    J’avais écrit par exemple…
    « Séduite par l’idée de base – ces enfants qui sont restés enfants justement en dépit de leur contamination –, j’avoue avoir été un peu désappointée de voir le film tourner en film de zombies classique. »
    « les personnages qui composent la petite troupe (…) sont complètement caricaturaux »
    « Heureusement qu’il y a Melanie ! »
    « En revanche, j’ai aimé la fin qui soulève un débat réjouissant : est-ce qu’une espèce a plus de légitimité à vivre qu’une autre ? Pourquoi les zombies seraient-ils moins légitimes que les humains ?
    Le début est original et prenant, la fin est intéressante, dommage que le milieu – la majeure partie du film donc… – tombe dans le convenu et le prévisible. »

    Je n’ai pas un mauvais souvenir du film, même si je garde surtout en mémoire une fin qui m’avait bien plu (même si elle fait aussi un peu écho à celle de Je suis une légende, le livre), mais je me dispenserai donc de la lecture.

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  2. Merci pour la chronique.

    Ce livre est dans ma liste de « A lire/acheter » depuis quelques années. Je l’avais découvert avec le trailer du film. Le coup de l’Ophiocordyceps qui transforme les gens en zombies fera immanquablement penser au Cordyceps de The Last of US (la série est très bien). Je trouve intéressant comme idée que le personnage central, le personnage le plus touchant soit « le monstre ».

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