Souveraine du Coronado – Emmanuel Chastellière

Emmanuel Chastellière a développé dans ses ouvrages plusieurs univers originaux. Celui de Celestopol est orienté vers la science-fiction et nous fait voyager vers la lune. Celui du Nouveau-Coronado est un univers de fantasy à poudre dans une revisite de l’Amérique coloniale. Avec Souveraine du Coronado publié chez Critic, il nous propose un retour à ce monde après L’Empire du Léopard et La piste des cendres.

L’univers développé tient son origine dans une nouvelle intitulée Brasier parue dans l’anthologie « Routes de légendes » dirigée par Estelle Faye et Jérôme Akkouche. La péninsule de la Lune d’or, située au delà de la grande mer par rapport au royaume du Coronado a été conquise par celui-ci. Les combats ont été rudes mais les nouveaux arrivants ont gagné, et les colons se sont implantés sur tout le territoire. Le roman se déroule en 1923, soit 27 ans après les évènements racontés dans La piste des cendres. Il y a plusieurs références à ce qu’il s’est produit dans les deux ouvrages précédents, mais l’histoire est totalement indépendante et peut se lire si on n’a pas lu l’un ou l’autre.

La situation du Nouveau-Coronado est complexe, les habitants n’ont pas la vie facile, les relations entre autochtones et colons restent tendus. La Couronne s’apprête à organiser de grandes enchères pour céder sa colonie au plus offrant. Une sanglante affaire de meurtres vient semer la panique à la capitale Carthagène au pire moment. Ferran, un membre de la police locale d’origine indigène, est chargé de l’enquête. La tâche s’annonce ardue, d’autant plus que les rumeurs disent qu’une fée serait à l’origine des meurtres. Dans cet univers les fées sont les divinités du peuple natif et ne sont pas des gentilles créatures à ailes, bien au contraire, elles font partie des légendes et son extrêmement puissantes.

Le récit suit deux fils narratifs distincts qui finiront pas se retrouver, mais assez tard dans le recit. Le personnage central de ce second fil est le juge-maje Ochozias. C’est quelqu’un d’assez exécrable qui n’obéit plus qu’à ses propres intérêts et ne se sert de sa fonction qu’à des fins personnelles. Il va croiser la route d’un étrange prisonnier plein de belles promesses, et va le suivre jusqu’au cœur de la cordillère dans une quête insensée.

Le rythme gagne en intensité tout au long des deux récits. Le début place les contextes, les personnages puis peu à peu on voit les liens se former. Les surprises sont nombreuses et on se laisse prendre assez vite dans cette histoire. C’est un plaisir de retrouver cet univers de fantasy hors du médiéval, de voir son évolution depuis L’Empire du Léopard. J’ai été un peu déroutée par la tournure prise par un des fils narratifs. La dernière partie m’a moins convaincue également, avec une fin « à la Cameron ». Les personnages féminins sont à l’honneur et plus intéressants à suivre que leur homologues masculins.

Souveraine du Coronado est ainsi un tome indépendant des deux autres romans. C’est une très bonne porte d’entrée dans cet univers, il permet aussi de découvrir une autre facette de la fantasy. C’est un vrai plaisir de suivre l’évolution du Nouveau-Coronado au fil du temps et on espère pouvoir y retourner prochainement.

Autres avis:

Auteur: Emmanuel CHASTELLIERE

Éditions: Critic

Parution: 13/09/2024

Carthagène, 1923. Dans la capitale du Nouveau-Coronado, la panique enfle. La Couronne s’apprête à organiser de grandes enchères pour céder sa colonie, lorsque d’horribles meurtres frappent soudain les élites de la ville. Les rumeurs imputent ces effusions de sang à la frénésie d’une « fée », un dieu des peuples autochtones. Mais Ferran, policier chargé de l’enquête, lui-même natif du Nouveau-Coronado, sait bien que les fées n’existent pas. Alors, qui sème le chaos ? Pendant ce temps, à l’autre bout de la péninsule, le juge-maje Ochozias n’obéit plus qu’à ses propres intérêts, ignorant depuis longtemps ses devoirs. Les promesses d’un étrange prisonnier l’entraînent pourtant dans une quête insensée. Car, au cœur de la cordillère, se trouveraient des filons d’un mythique minerai : l’orichalque. Voire quelque chose de plus précieux encore…

14 commentaires

  1. Merci pour cette chronique !
    C’est vrai que le roman prend une tournure… étonnante à un certain point. 😉
    Pour le final, ma foi, c’est un univers « explosif » par définition !

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  2. J’ai découvert la fantasy à Poudre + en Amérique façon uchronie de Conquistador grâce à lui et j’adore ce décor. J’ai donc forcément hâte de voir comment il fait évoluer cet univers ici. Je suis sûre que je ne serai pas déçue malgré les bémols que tu notes.

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