
Styx, la nouvelle collection de Fleuve éditions lancée en octobre 2025, et dirigée par Laurent Queyssi, vient de sortir son troisième titre, Les derniers jours de Maple Street de Sarah Langan. Sarah Langan est une autrice d’horreur américaine, elle est triple lauréate du Bram Stoker Award. La collection va continuer de s’étoffer avec en avril Massacre au camp de vacances de Joey Comeau, puis Eutopie de David Nickle en juin.
Maple Street est au premier abord une rue pavillonnaire d’une ville tranquille de Long Island. La famille Wilde décide d’y emménager, même si ils ne correspondent pas vraiment aux standards de cette banlieue tranquille. Les Wilde font exception dans cette banlieue: Arlo Wilde est une ancienne star du rock, sa femme Gertie travaille dans l’immobilier, leurs deux enfants ont gardé des traces de leur passé à Brooklyn. Le début de l’histoire est en plein été, en juillet 2027, la canicule et la sécheresse sont là depuis pas mal de temps et provoquent l’apparition d’une doline dans le parc municipal jouxtant la rue. Quelques jours plus tard, une adolescente du quartier tombe accidentellement dans le trou, ce qui va mettre tout le secteur en ébullition. Peu à peu, quasiment toute la rue va se liguer contre les Wilde qui ne correspondent pas aux critères du quartier.
Voilà le point de départ de ce roman d’horreur à visage humain, dans lequel le surnaturel n’apparaît pas. Sarah Langan décortique comment une série d’événements peut conduire à un climat de peur grandissante puis à un bain de sang. Le décor de ce quartier pavillonnaire en apparence tranquille a une grande importance dans le roman. Au début, tout parait lisse, les pelouses sont tondues au millimètre près, la rue est belle, les gens bien sous tout rapport. Puis peu à peu, le décor se craquelle, le trou béant dans le parc amène du bitume un peu partout, des traces noires qui ne partent pas. Le cadre est ainsi à l’image de ses habitants, de plus en plus poisseux et dégoûtant. Il reflète leur comportement envers la famille Wilde.
L’originalité du roman vient de la manière dont il est construit. L’autrice a opté pour un récit réaliste où le lecteur a l’impression que l’histoire est réelle, que tout s’est vraiment passé. Pour cela, des articles de journaux, des extraits de livres publiés longtemps après ou pendant le drame sont ajoutés à l’histoire, au fur et à mesure des différents événements et viennent éclairer ce qui se produit. L’alternance des différents points de vue et des coupures de journaux, extraits de thèses ou entretiens écrits bien plus tard permet de mieux comprendre le comportement des habitants, de mieux cerner leurs histoires, leur personnalité.
Ainsi, la collection Styx poursuit sa lancée avec un roman bien différents de deux précédents. Sarah Langan décortique une histoire tragique où la folie est bien humaine et ébrèche les banlieues lisses et tranquilles américaines.
Autres avis: Outrelivres,
Autrice: Sarah Langan
Maison d’éditions: Fleuve éditions
Parution: 12/02/2026
Traduction: Janique Jouin-de Laurens
Bienvenue à Maple Street, une banlieue tranquille et sans histoire où les pelouses sont toujours bien tondues et les voisins souriants. Mais sous cette façade soignée se cache une tension sourde. Lorsque la famille Wilde – un couple excentrique et leurs deux enfants – emménage dans le quartier, le vernis des apparences commence à se craqueler.
La tragédie qui va tout faire basculer survient lors d’un été caniculaire : un gouffre s’ouvre dans le parc local et une jeune fille disparaît. Très vite, les soupçons s’abattent sur les Wilde. La communauté se divise, les rumeurs enflent, plongeant le quartier dans une spirale de paranoïa et de suspicion. Dans ce climat de peur grandissante, la vérité devient de plus en plus difficile à distinguer… Et la chasse aux sorcières est lancée.